• Pourquoi l'expatriation ?


    La fuite :
    On m'a souvent reproché de m'être enfui… J'avoue ne jamais avoir eu ce sentiment de fuite mais bien plutôt de quête. Je n'ai pas quitté la Belgique pour échapper à quelque chose mais bien parce que rien là bas ne semblait me correspondre. Je me sentais comme un étranger dans mon pays natal alors qu'ici, en Thaïlande, j'ai l'impression d'être chez moi, un peu comme si j'avais déjà vécu sur place dans une vie antérieure et que mon arrivée ici n'est qu'un retour aux sources.

    Le climat :

    Grisaille de CharleroiAvouons le, j'ai souffert du froid et de ces longs hivers où tout est gris et blafard. Je pense souvent à cette époque où je quittais le domicile pour une journée d’école ou, plus tard, pour des obligations professionnelles. Je me remémore ces matins chagrins où la nuit domine le jour et où les tubes néons jettent une lumière cadavérique sur les êtres marchant l’échine courbée pour se protéger des premières froidures. Je n’ai pas oublié ce crachin qui se glisse dans les moindres replis, les transports en commun bondés où les vêtements  humides se frottent, se collent. Les vitres embuées des bus, les quintes de toux des premières grippes, les corps qui se compressent et se bousculent à chaque virage, au moindre coup de frein. Plus tard les froids perçants remplacent les pluies glaçantes. Parfois une embellie durant l’hiver avec un beau ciel laiteux et lumineux mais toujours ce froid qui tiraille vos phalanges, endolorit vos pieds et brûle nez et oreilles. Les arbres sont dénudés, la terre est glacée, la vie semble figée. Les mois passent, le printemps se fait frileux, l’été se fait attendre. Enfin les beaux jours reviennent  avec la clarté qui vous salue dès le réveil accompagné de sa cohorte de chants d’oiseaux. Les jours sont plus longs, les lumières naturelles s’engouffrent dans les maisons dont on ouvre généreusement les fenêtres, les gens se redressent, se montrent plus loquaces, plus souriants. La vie et la joie reprennent le dessus, chacun oublie momentanément les affres des mauvais jours, personne ne veut penser que ces beaux jours ne sont qu’éphémères et que bientôt la grisaille et le froid reprendront pour de longs mois leurs plein droits sur notre vie et notre moral.


    Les perspectives :
     

    L'école ne m'a jamais intéressé, je m'y suis toujours profondément ennuyé. J'ai quitté dès que j'ai pu le circuit scolaire. Résultats des courses, pas de diplôme, pas de qualification. Pas facile d'entamer un parcours professionnel avec si peu d'atouts. Bref, peu ou pas de perspectives même si mes compétences personnelles et ma volonté sont des armes bien plus redoutables que n'importe quel certificat d'aptitude. Mais bon, ainsi vont les choses, l'administratif a pris le pas sur les compétences humaines, moi qui croyait encore naïvement que mon seul enthousiasme et ma ferveur juvénile viendraient à bout du moindre recruteur. 

     

    La décision :

    1993, j'ai fêté depuis peu mon trentième anniversaire. Célibataire, sans qualification précise, je ne vois qu'un avenir sombre et sans relief, un avenir où rien n'est possible sans qualification, où l'administratif prend le pas sur les compétences personnelles, où les interdits sont si nombreux qu'on a l'impression de vivre dans une prison en plein air. Ras le bol de cette grisaille, de ce crachin qui se glisse dans votre col jusqu'aux os, de ce ciel qui se confond avec la noirceur des terrils. J'aspire à d'autres horizons, à plus de soleil, à un ciel bleu omniprésent, à des eaux chaudes et cristallines, à une vie faites de rêves, de projets, et d'espoirs. Je casse ma tirelire, juste de quoi m'acheter un billet d'avion et tenir à peine un mois en me serrant la ceinture. A l'époque pas d'internet et de multimédias aussi développés qu'à ce jour, c'est en une heure et dans une bibliothèque communale que mon sort se joue, entre les rayons des livres de voyages et les guides touristiques périmés. Quelques fascicules feuilletés, une encyclopédie survolée, un atlas pour me repérer, une heure plus tard j'ai choisi ma destination : la Guadeloupe.

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 2 Février 2013 à 20:53

    Merci ! J'habite la Provence et quand je tiens le même discours que toi sur le froid, l'humidité et les hivers qui piquent en nous privant de lumière... on me rigole au nez ! Voui ! Une provençale n'a pas le droit de penser à s'expatrier vers d'autres horizons plus cléments... c'est ainsi ! Alors, je me suis régalée à lire ces quelques lignes qui dépeignent si bien mon état d'esprit du moment et qui me confortent dans mon idée d'aller... un jour (j'ai pas le même âge que toi et j'ai en plus un minot à faire s'envoler) voir si ailleurs n'est pas plus meilleur ! Merci et je reviendrai te lire afin de prendre un peu de chaleur et de lumière ! Bonne soirée. Mistouline.

    2
    Dimanche 3 Février 2013 à 04:14

    Coucou Mistouline, heureux de t'avoir offert un peu de soleil au passage. Je vois que tu as été faire un beau voyage en Indonésie avec ton fils. La découverte d'autres pays et cultures du monde font aussi comprendre que la froideur et la grisaille ne sont pas que dans le climat européen. 
    Plein de soleil, de sourire et de voyages à toi
    Olivier

    3
    Dimanche 3 Février 2013 à 11:34

    Voui ! Deux beaux et longs voyages en Indo dont nous sommes tombés amoureux... mais où l'installation est assez difficile et coûteuse... Tout comme toi, je cherche l'endroit où poser mes vieux os... La Thaïlande est sur ma liste ainsi que l'Inde... peut-être la destination de notre prochaine escapade... Merci pour ton passage chez moi et à bientôt de lire tes bafouilles de vie, loin de notre froidure ! Bien bonne soirée chez toi. Mistouline

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